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SAINT FRERES // MATHIEU FARCY

A Flixecourt, dans la Somme, le temps a ralenti en même temps que les machines, le centre ville garde les traces d'un passé glorieux et révolu, les immenses châteaux que se sont construits les patrons côtoient de nombreux magasins discount. Toute la vallée de la Nièvre garde les stigmates architecturaux des usines Saint Frères, des bâtiments de deux cent mètres de long vieillissent face aux habitations étroites des cités ouvrières. Certains cafés, restes de lien social, gardent la santé et sont des lieux de convivialité.
Lorsque les usines Saint Frères sont allées de rachats en fermeture, certains ouvriers ont retrouvé du boulot, ailleurs, à Amiens. D'autres sont restés ici.
L'une des premières décisions de François Hollande en entrant en fonction fut de créer un ministère du redressement productif. Preuve que l'industrie française se meurt ? La situation de Flixecourt est révélatrice du reste des territoires industriels français qui ont connu un développement important.
L'usine Saint Frères, créée en 1814, a employé jusque 8000 personnes en 1907. Durant des dizaines d'années, la vie de la vallée fut rythmée par la manufacture, qui gérait des crèches, une coopérative alimentaire, une maternité, des centres des vacances et des cours pour femme. Cette entreprise de confection de cordes et de toiles de jute a périclité jusqu'à son rachat en 1969, puis à son rachat et sa revente par Mr Arnault.
Actuellement le taux de chômage est nettement plus élevé dans cette vallée que la moyenne nationale, particulièrement chez les moins de 30 ans.

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